Les Vernes est ce que l’on qualifie de « symbole de la révolution industrielle alpine ». Cet édifice majestueuxparfois qualifié de forteresse ou de villa italienne est l’œuvre de l’architecte Grenoblois Florentin Nublat. La maçonnerie est en pierres jointoyées et tous les appareillages sont en ciment moulé, une technique très répandue dans la région. L’architecture est pensée bien au-delà des fonctions premières du site. Le pourtour supérieur de la cheminée d’équilibre forme déversoir dans un canal extérieur au bassin qui reçoit les eaux de trop pleinet les amène à une chambre de décharge alimentant deux conduites d’évacuation en acier de deux mètres de diamètre. C’est cette structure qui crée un effet de fontaine rayonnante lorsque les groupes de l’usine des Vernes ne produisent pas, mais que l’usine de Livet continue à turbiner. « La fontaine » anime alors le jardin d’agrémentation par lequel le public peut accéder depuis la cour par un escalier monumental à double volée de la hauteur de chute. Le jardin à la française dans lequel la pelouse est dessinée par les allées est protégé de la route par une imposante clôture.
La « villa hydroélectrique » est marquée du monogramme « KL » (Keller-Leleux), visible au-dessus de la chambre de mise en charge, sous le départ de la ligne électrique. Plus qu’un simple souci du détail, c’est ici une véritable réflexion esthétique et de une mise en scène de l’eau qui sont ici exaltées. En plus de l’effet « fontaine » réalisée par la chambre de mise en charge, sous le bâtiment se trouve la voûte du canal de fuite, dont le parement est fait d’un appareil factice à partir du mortier appliqué sur place. En fait, la présence sur un même lieu de l’ensemble des différentes phases de traitement de l’eau au travers des différents composants de l’usine - chambre de mise en charge, conduites forcées, tunnel du canal de fuite, salle des machines, départ de ligne - jusqu’à la sortie du courant marque la véritable intention de mise en scène de l’eau.
L’attention est portée à chaque partie du bâtiment. À l’intérieur de l’usine, le sol est revêtu d’un carrelage polychromeet les murs sont en partie recouverts de briquettes de céramique de couleur crème rehaussées d’un bandeau marron. Face aux turbines trônait autrefois, au cœur de la centrale, un élégant tableau de commandes que l’automatisation de l’usine a fait disparaître. Sur les murs extérieurs, le souci du détail est poussé jusque dans la stylisation des lumières en de délicates petites fleurs qui servirent à éclairer la centrale.
La centrale hydroélectrique des Vernes est équipée de deux groupes Escher Wyss, constitués de turbines Francis à axe horizontal, dont le groupe n°2 est à deux roues. Il s’agit encore des groupes d’origine de 1914. L’équipement a été plusieurs fois modernisé :
- Première automatisation de la centrale en 1962.
- Rebobinage du groupe 2 en triphasé en 1968.
- Deuxième automatisation de la centrale en 1987.

Les turbines :
Le groupe 1 est actuellement équipé d’une turbine Francis à axe horizontal du constructeur Escher Wyss d’une puissance de 1,84 MW, débitant 12,3 mètres cubes par seconde, et pouvant aller jusqu’à 300 tours par minute.
Le groupe 2 est lui équipé d’une turbine Francis à axe horizontal à deux roues du constructeur Escher Wyss d’une puissance de 2,43 MW, débitant 15,5 mètres cubes par seconde, et pouvant aller jusqu’à 375 tours par minute.
L’alternateur 1 est issu des usines de la Compagnie Electro Mécanique. Sa puissance de 2,5 MVA. La tension de sortie 4,1 kV.
L’alternateur 2 est du constructeur Schneider Westinghouse. Sa puissance est de 3 MVA et la tension de sortie est de 5,65 kV.
Le courant transformé est aujourd’hui évacué par une double ligne aérienne vers la ville de Livet. |