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Livet, une centrale pionnière en Romanche  
  La centrale hydroélectrique de Livet un monument remarquable  
       
   

uioLa centrale hydroélectrique de Livet est la première de la vallée à avoir été installée en moyenne Romanche. Suite à sa mise en service en 1896, la Société Électrochimique de la Romanche (SER) utilisa l’électricité pour produire de la soude et du carbure de calcium. En 1902, Charles-Albert Keller devint locataire de l’équipement et des locaux de la SER. Il utilisa la quasi-totalité de l’énergie pour la fabrication des ferroalliages au four électrique. Après de violentes oppositions des habitants de la ville de Livet suite à la volonté de la SER de revendre l’électricité produite à la ville de Grenoble, le tribunal trancha en 1905 et obligea la SER à respecter ses accords premiers. Keller devint cette même année propriétaire des usines de Livet.

La centrale hydroélectrique est composée de deux bâtiments bien distincts. Le premier et le plus ancien est celui de 1896 (Livet I), l’autre, « le bâtiment des dynamos » , plus ostentatoire, date de 1904-1905 (Livet II).

Livet II fait figure d’exception dans cette vallée. Avant d’être surmontée en 1905 par l’enseigne de la « Compagnie Électro-thermique Keller-Leleux et Cie », cette formidable vitrine représentait la « Société Électrochimique de la Romanche ». Manifeste publicitaire exprimant le dynamisme et la modernité de son époque, elle fait preuve d’une grande audace esthétique. La centrale et sa gigantesque façade de fer vitrée sont plantées au beau milieu de cette vallée alors encore rurale, et presque désertique. Au-dessus de l’enseigne s’élançaient d’élégantes volutes en fer forgé qui renforçaient l’effet aérien du bâtiment. La façade à composition symétrique est divisée en huit travées délimitées par neufs pilastres métalliques. Chaque travée est structurée de sept meneaux supportant la structure de verre, d’un soubassement métallique auquel répond un arc en plein cintre de verre. Le décor est composé de rivets apparents entre lesquels se glissent des fleurs stylisées en fer qui marquent de façon délicate l’intersection avec les meneaux horizontaux . Chaque arc repose sur une console d’une couleur plus foncée que le reste du bâtiment. Les écoinçons formés par les pilastres et les arcs sont ornés de bandes diagonales polychromes. Malheureusement, les couleurs d’origine ne sont plus visibles aujourd’hui. Cette structure rappelle l’architecture classique mise au service des matériaux industriels tels que le verre et l’acier.

Les Alpes Pittoresques, 15 février 1904, p. 4.

Au XIXe, l’architecture industrielle prend ses sources d’inspiration dans la tradition autant que dans une nouveauté qu’amène les nouveaux matériaux. Les rivets et les fleurs stylisées sont les exemples types des nouveaux styles de décors.

 

 

       
  Une mise en scène époustouflante  
       
   

Livet 2, construite par la SER vers 1905

La scénarisation est impressionnante. Bien avant la construction de la centrale des Vernes, l’édification de ce monument avait déjà pris en compte les critères esthétiques et de mise en scène de l’eau que l’on retrouvera dix ans plus tard : la chute en arrière plan crée un véritable jeu d’eau selon le principe de la fontaine. La cascade et sa force traduisent ainsi la puissance de la nouvelle centrale. Elle fit d’ailleurs la page de couverture du journal L’Illustration du 13 juin 1925, numéro spécial, consacré à « L’Exposition internationale de la Houille blanche ». L’architecture industrielle, alors classique à l’époque, semble ici révolutionnaire tant elle s’écarte de l’usage traditionnel de la pierre (on ne peut s’empêcher de créer un parallèle entre cette structure et les sous-stations du métro parisien érigées par Paul Friesé). La centrale de Livet, agrémentée de cette façade légère et aérienne rompt avec le reste de l’environnement. Par sa conception, elle est le seul exemple connu dans la région.

 

 

       
  Structure et technique  
       
   

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La hauteur du bâtiment permet d’installer un pont roulant, qui vient faciliter l’installation et l’entretien des groupes qui sont désormais de plus en plus lourds. En dehors de son aspect esthétique, la façade vitrée permet de faire entrer le maximum de lumière, tout en facilitant l’aération par le biais des fenêtres.

Autrefois équipée de turbines Francis de la maison A. et H. Bouvier, de trois alternateurs Brown-Boveri qui produisaient un courant alternatif à 50 périodes par seconde, la centrale est aujourd’hui composée de six turbines Francis à axe horizontal de constructeurs différents. Le groupe n° 5 est le plus ancien. La mise en service de la turbine Francis Eyscher-Wyss à axe horizontal avec deux roues date de 1918. Le groupe le plus récent est le n° 4. Sa mise en service date de 1967, la turbine Francis Boussant est aussi à axe horizontal à deux roues. Les groupes n° 4 et 5 sont les seuls à posséder deux roues.

 

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Intérieur de la centrale de Livet II.

 

 

       
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